Jeudi 27 décembre 2007
On l'accuse d'avoir outragé les policiers et d'avoir lancé un projectile,le 17 novembre. Il nie et parle de « procès politique ».

Mardi 13 novembre, en milieu d'après-midi. Une nouvelle manifestation anti loi Pécresse est partie de Rennes 2, à Villejean. Étudiants et CRS sont arrivés sur le mail Mitterrand. Un projectile est lancé contre les forces de l'ordre. Les policiers interpellent Hugo, 20 ans, étudiant en Histoire, un des leaders du syndicat Sud-Étudiants. En début de manif, il avait pris la parole, au mégaphone.

À partir de cette interpellation, deux versions s'affrontent. « Nous avons identifié cet étudiant comme le lanceur de projectile. Juste auparavant, il avait mimé un pistolet avec ses doigts, en le pointant dans notre direction », accusent les trois policiers qui ont porté plainte.

« Je n'ai pas commis ce geste ni lancé de projectile, conteste Hugo. Les policiers me connaissent depuis les manifs anti-CPE de 2006. Je les avais affrontés du regard le 9 novembre, lors de la manifestation contre Rachida Dati. Le 13, ils ont voulu faire un exemple. Ils n'ont pas agi au hasard. Mon interpellation était politique, arbitraire et préméditée. »: neuf autres petites affaires étaient programmées. Mais l'ambiance était particulière, en présence d'une cinquantaine d'amis de Sud-Étudiants et de militants d'extrême gauche, venus soutenir le prévenu. « Un prévenu qui a terni l'image de la manifestation, alors que les policiers ne faisaient que leur travail », a plaidé leur avocat, Me Waroux.

Les images de M 6

Remis en liberté après sa garde à vue, l'étudiant était jugé pour outrage, hier, en correctionnelle. Ce n'était pas une audience spéciale pour lui 

À l'appui de ses dénégations, Hugo a demandé au tribunal de projeter les images tournées sur la manif par nos confrères de M 6. Mais ce résumé filmé n'apporte rien. Il n'accuse pas le jeune homme, il ne l'innocente pas non plus. On ne voit pas qui a lancé le projectile. On voit seulement l'interpellation.

Pendant son délibéré, qu'il rendra le 6 février, le juge devra donc trancher entre deux thèses. Celle de la procureure Catherine Denis, qui s'appuie sur celle des policiers assermentés, « contredite par aucune image et aucun témoin ». Ou celle de Me Bruno Sevestre, avocat de la défense : « Personne d'autre n'a vu Hugo lancer ce projectile. Les policiers ont pu se méprendre. Ils ne sont pas présents : dommage. Je demande la relaxe, pour absence de preuves. » La procureure a requis un mois ferme

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