Le tribunal s'est rendu dernièrement sur les lieux. Les magistrats voulaient constater eux-mêmes l'état d'avancement des travaux sur les trois immeubles, square Francis-Pellerin, à l'endroit où se trouvaient auparavant les serres de Maurepas.
L'Opac veut construire 35 logements sociaux à cet endroit. L'association de défense du parc de Maurepas et de son environnement (ADPME), composée de riverains, s'y oppose et multiplie les procédures pour que le projet ne voit jamais le jour.
Les membres estiment que les serres de Maurepas font partie du parc et ne peuvent donc pas recevoir de construction.
Le 18 décembre dernier, la cour administrative d'appel de Nantes leur a donné raison et a annulé le permis de construire, pris le 6 avril 2005 par le maire de Rennes. Dès lors, la construction devenait illégale. Les travaux n'ont pas cessé pour autant. L'association l'a fait constater par huissier et introduit une nouvelle action devant le tribunal de Rennes. Dernièrement, les juges ont pris une ordonnance d'arrêt des travaux, sous astreinte de 5 000 € par jour de retard.
Des locataires ont déjà emménagé dans des logements. Mais le chantier n'est pas terminé.
Le bâtiment A est entièrement habité. Il y reste seulement quelques travaux de finition. La moitié des appartements du bâtiment B est inhabitable. Et le bâtiment C est vide de tout occupant pour la bonne raison que les logements sont encore en travaux. Le volet paysager n'est pas entamé. Et les parkings souterrains restent inaccessibles aux véhicules qui devraient s'y garer.
Le tribunal a estimé que « les travaux affectent l'intégrité du parc de Maurepas et de son environnement. Ils constituent un trouble manifestement illicite et ont pour vocation à conforter une construction illégale et à la rendre habitable. » Néanmoins, les magistrats n'ont pas demandé la démolition du bâtiment.
30 familles en attente
Certains appartements ont pu être terminés car les familles avaient déjà déposé des préavis pour quitter leurs anciens logements et risquaient, de ce fait, se retrouver sans domicile. Samedi dernier, le conseil municipal de Rennes a voté une délibération pour procéder à la désaffectation du site et pouvoir, ainsi, redéposer ensuite un nouveau permis de construire. « Il y a trente familles qui attendent d'être logées, explique Yves Préault, adjoint à la communication. À l'heure du droit opposable au logement, je trouve ces démarches scandaleuses car des gens se retrouvent en difficulté. »On pourra toujours épiloguer sur une affaire qui a beaucoup traîné en longueur (bientôt 9 ans de procédures !).
Les combats les plus nobles sont aussi ceux qui savent se terminer pour le bien du plus grand nombre.
Le collectif des habitants, qui contestait cette construction, peut se réjouir d'avoir obtenu gain de cause. « Les élus ne sont pas au-dessus des lois et des règles d'urbanisme » répètent-ils à l'envi. Mais aujourd'hui, il en va du logement de familles entières
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